Résumé : Phèdre, ce chef-d’oeuvre incontestable, pense-t-on encore qu'il n'en fut pas de plus contesté que celui-là ? ? Faire un inceste en plein théâtre ! ? s'indigne Pradon, rival malheureux de Racine devant la postérité. Phèdre ? n'est ni tout à fait coupable ni tout à fait innocente ?, proteste l'auteur. Car elle est tout entière habitée par cette passion - sourde, aveugle, déraisonnable, exacerbée par sa déraison même - qu'elle entretient pour Hippolyte, passion qui ne peut mourir et ne mourra qu'avec elle. Fait étrange, c'est cette même année 1677 que Racine, ayant porté à son paroxysme de grandeur et de violence l'amour qu'un être humain peut nourrir pour son semblable, se tourne vers l'amour de Dieu.
Notes : Bibliogr. p. 110-114